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Histoires de Bretagne 2

Etait-ce mieux avant ?

                                                                                                   

Commençons en l’année 800 et arrêtons-nous à la veille de la Révolution de 1789. Un millénaire de petite et grande histoire au galop.

La vie des paysans, nos ancêtres à 90 % et plus

On vit par saisons au rythme des saints Martin, Michel... et les jours n’ont pas de numéros. L’heure de l’aube est celle du coq et la cloche donne l’heure selon l’humeur du sacristain. L’angélus sonné : aube, midi et fin du jour, ce sera à partir du XIIème siècle.

Le paysan n’est alors plus achetable-vendable. Il se lève tôt et rentre tard dans la maison en bois. Dans l’unique grande pièce au plancher de terre battue, on allume le feu au milieu de la pièce; la fumée s’échappe par un trou dans le toit. La cheminée ne viendra dans les chaumières que trois ou quatre siècles plus tard. Vers le XIIIème siècle un gong de cloche en fin de soirée indique qu'il convient de couvrir les feux pour éviter les incendies. On l'appelle le "couvre-feu". Pour garder la chaleur on bouche les fenêtres avec du foin; la vitre n’arrivera qu’à la “Renaissance”. 

 

 

Une chaumière de paysan du moyen Âge, d’après un livre de classe (Histoire cours élémentaire, Fernand Nathan, années 1950).

 En hiver, on introduit quelques animaux qui dégagent de la chaleur mais aussi amènent des mouches qui bourdonnent sans cesse. Les deux couples, le vieux et le jeune, dorment dans le lit; les enfants sur des tas de paille.

On exécute les travaux à la main, à la bêche et à la faucille. Plus tard, l’Ancien Régime interdira l’usage de la faux, coupable de faire perdre des grains et de priver les pauvres de chaume. On lèvera l’interdiction en 1791, mais il faudra attendre une vingtaine d’années pour son utilisation généralisée, permettant de doubler la productivité avec 50 ares de blé moissonnés par jour de travail contre 20 à la faucille. Cependant, on garde parfois la faucille utilisée par les femmes payées moins cher. On reproche aussi à la faux de couper les tiges trop bas et de détruire les nids de caille.
La chape à capuchon protège du soleil et de la pluie et on se désaltère avec de l’eau de sa gourde en peau de chèvre. La braie flottante ne viendra qu’au Moyen Âge et la chemisette au XIVème siècle. Un réel progrès fut la charrette à quatre roues tirée par des boeufs fin du XIIème siècle, du moins pour les laboureurs les plus aisés.  

La convivialité villageoise

La grande fête de “Pâques” est célébrée le dimanche suivant la pleine lune postérieure au 21 mars. Puis, au quarante et unième jour, on jeûne dix jours entre Ascension et Pentecôte. Le lieu central du village est une modeste église où l’on se tient assis, à genoux ou debout sur le foin. On s’autorise des réactions spontanées qui déclenchent l’hilarité. Les animaux de compagnie y sont autorisés. Il faudra attendre le XIVème siècle pour rétablir bon ordre avec une chaire. Après l’art roman, les églises profiteront de l’art gothique du XIIIème siècle.

On découvre progressivement des animations avec les “Pardons”, les “ballades” et kermesses avec des ripailles, jeux rustiques, chants, musiques et danses bien racontées plus tard au XVIème siècle, par Noël du Faïl. 

 

 

La danse des paysans par Brueghel l’Ancien.

Mais la malnutrition et la malpropreté amènent la peste et la lèpre.

"La Quarantaine au Moyen Age" : A l'époque médiévale, contrairement à ce qui est parfois suggéré, les règles d'hygiène étaient bien observées. Les gens effectuaient une toilette journalière et se lavaient les mains avant et après les repas. C'est à compter de la "Renaissance", au XVIè siècle, que ces comportements évolueront car on prétendait alors que l'eau ouvrait les pores de la peau, laissant ainsi entrer les maladies dans le corps... Au Moyen Age, outre les actes réalisés par les chirurgiens, que l'on appelait des barbiers, et la présence de sages-femmes qui utilisaient beaucoup de remèdes à base de plantes tels que du thym ou des clous de girofle, il existait une autre médecine qui empruntait ses recettes à la MAGIE et à la chimie. Les personnes aisées portaient, par exemple, autour du cou une Pomme d'Ambre. Il s'agissait d'un bijou dont la cavité intérieure était garnie d'ambre gris et qui était censé protéger des maladies. Pour se préserver de la PESTE existait une autre superstition. Les personnes les plus riches pensaient qu'il fallait porter à la main gauche un diamant et on prétend que ce serait l'origine du "solitaire" qui symbolise de nos jours la bague de fiançailles... Lors de la pandémie de PESTE NOIRE qui a ravagé l'Europe de 1347 à 1352, on a pris conscience qu'il fallait isoler les malades en "quarantaine". Les personnes atteintes de la peste ou de maladies telle que a lèpre ou la dysenterie étaient alors placées dans des "MALADRERIES". Cette précaution de "quarantaine" allait à l'encontre des moeurs de l'époque médiévale car, lorsque l'on se sentait en fin de vie, on se rapprochait de sa famille. Cette attitude, malheureusement, permettait aux épidémies de se propager plus rapidement." par Stéphanie Vincent-Langlois  www.legendesethistoire.com O.F. 11/5/20

     A cela s’ajoutent les famines qui peuvent durer plusieurs années et entraînent le brigandage avec des routiers, des cottereaux qui ne craignent pas la pendaison par bandes entières.

Les puissants

L’aristocratie féodale est née de la pratique professionnelle de la guerre à cheval. Les  “barbares” étrangers de l’Est de l’Europe font découvrir l’étrier au début du VIIIème siècle. Cet atout décisif permettra à Charles Martel d’en équiper sa cavalerie et de vaincre en 732 les Arabes d’Abd al Rahman ibn Abdallah, qui y meurt. Le roi confisque alors les terres ecclésiastiques pour financer l’équipement d’un guerrier.Celui-ci représente alors le coût d’une vingtaine de boeufs. Et le cheval mange des céréales... L’aptitude de conduire un cheval à la guerre et à la chasse sera une marque culturelle amenant la chevalerie.Charlemagne sera un guerrier qui réalisera cinquante-trois campagnes militaires dont trente-quatre réservées aux Saxons. En 782, il en fera trancher la tête à 4 500 dans une journée. Pendant quarante-six années de règne, sa seule défaite sera devant Saragosse en Espagne face aux Musulmans, avec la fameuse retraite par Roncevaux. 

 

 

L’empereur à la barbe fleurie reçoit la soumission des Saxons (Mon Histoire de France, Hachette, début du XXe siècle).

 Le paysan, quant à lui, se contentera d’une invention considérable : le collier rigide d’épaules, posé au cou des chevaux de trait, pouvant tirer très fort.

Au Xème siècle les Capétiens pratiquent la chasse à courre pour se procurer du gibier ou détruire les grands animaux ravageurs des forêts et des champs. Le chevalier et homme d’épée, bien en selle avec ses étriers, domine le manant à qui il n’autorise pas le droit de chasse.

Il est dit que le “percheron” aux proportions parfaites serait issu d’un apport des chevaux arabes capturés à la bataille de Poitiers. Et aussi de chevaux tartares de prisonniers mongols. Et que dire du cheval “breton” de plus petite taille, léger et vivace, qui fit le bonheur des Bretons de Nominoé, tels des Indiens lançant leurs lances contre les Francs à la bataille de Ballon près de Redon en 845.

 Le pouvoir monarchique concentré sur la région parisienne veut s’agrandir avec l’apport de mariages dotés de territoires. Les guerres se succèdent contre les Plantagenets d’Angleterre, ces Normands aidés par 30% de Bretons qui ont conquis l’Angleterre en 1066. Le pape Urbain II lance la première croisade pour délivrer Jérusalem en 1096. Il en faudra huit, fort ruineuses, jusqu’à Saint-Louis qui mourra du scorbut. Et pourtant l’Orient disposait de tous les fruits qui l’auraient guéri : pastèque et melon, abricot, pêche originaire de Chine, le citronnier originaire des pieds de l’Himalaya, le cerisier, mais aussi les épinards et les échalotes, le céleri diurétique, l’asperge ainsi que l’artichaut, nourriture des ânes, et les prunes. Les chevaliers seront impuissants pour s’emparer de Damas, “pour des prunes”! En 1148, à la deuxième croisade, un moine ramène un prunier de Damas. On le "croise" avec un prunier cerise européen. Pour en faire un pruneau on sèche les prunes dix-huit heures au four, on les réhydrate trente minutes dans une eau à 80°C puis on les pasteurise au four pendant cinq heures. Le fruit sec de couleur noire sera un bien précieux, riche de vitamines, de fibres et de minéraux. Il s'adapte bien sur les bords du Lot. On dit "pruneau d'Agen" car il y embarquait pour rejoindre le port de Bordeaux.

Les premiers croisés ont rapporté la technique du moulin à vent, inventé au VIIème siècle par les Perses. Ils auraient pu aussi revenir avec une brouette d’Orient, inconnue en Occident. Le sucre ne sera importé d’Alexandrie qu’au XIIIème siècle.

Le vin et le tabac tracent leurs routes

     Avec la conquête romaine de la gaule la vigne gagne des terres d'est en ouest et vers le nord. Au IIIème siècle, le cépage gaulois s'étend selon les axes commerciaux de Béziers à Narbonne et Bordeaux par la Garonne, et le long des vallées du Rhône et de la Saône. Le christianisme renforce la place du vin dans la société. Les références à la vigne dans la Bible sont nombreuses. Les viticultures épiscopales et monastiques sont encouragées par le Concile d'Aix-la-Chapelle en 816. Pendant tout le Moyen-Age, la France est le premier exportateur de vin. 

Dès le XIIème siècle, fuyant les pillages de Vikings sur les bords de la Loire, des moines de Saint-Martin de Tours récupèrent des terres à Chablis grâce à Charles Le Chauve. Il se produira une concurrence directe avec les moines cisterciens de Pontigny. Et à l’arrivée une grande qualité du vin de Chablis.

On raconte aussi qu’un moine de Sancerre aurait utilisé vers 1040 son abondant vin pour l’associer au mortier servant à reconstruire son église détruite par le feu. Au XIIIème siècle, sainte Hildegarde ajoutera du houblon à la cervoise aromatisée au gingembre. On aura la bière. Au XIVème siècle, les papes français d’Avignon font couler le vin à flot dans la cité dénommée la “Babylone du siècle”. Tavernes et maisons de passe contribuent à ce surnom. Le pape Jean XXII y aura fait planter le “chateau neuf” (du pape). Sous Henri IV toutes les provinces donnent du vin, exceptés Normandie et Picardie, puis la Bretagne, qui préfèrent le cidre. Louis XV interdit les nouvelles plantations afin de limiter la production de vins médiocres. Les progrès techniques favorisent l'apparition de vins de qualité. La notion de "cru", référence de qualité, n'émerge qu'au XVIIIème siècle. Trois régions s'affirment : la Bourgogne, la Champagne et l'Aquitaine. Louis Pasteur localise les micro-organismes à l'origine de la fermentation. Il met au point la "pasteurisation" permettant notamment d'éliminer les bactéries aigrissant le vin. La rapidité des transports concourt à une meilleure qualité de conservation des vins. De nos jours le vin biologique et sans sulfites ajoutés permet une plus saine dégustation.

Parmi les découvertes de Christophe Colomb de 1492 à Cuba ou des Portugais au Brésil, le tabac mettra du temps à trouver le succès. Il faudra attendre 1559 pour que l’ambassadeur de France au Portugal, Jean Nicot, soigne son cuisinier avec un emplâtre de cette plante. 

 

 

 

Jean Nicot et son « médicament ».

 Le pétrin de poudre envoyé pour soigner les migraines de Catherine de Médicis lancera une mode et les apothicaires distribueront du tabac sous forme de lavements ou de purges. Bien que les brésiliens l’appellent “petun”, la plante sera l’herbe à Nicot (nicotine), mais aussi l’herbe sainte. Au début du XVIIème siècle on lui donnera nom de “tabago” provenant du roseau qui entoure les feuilles roulées. On le prise, on le chique et on le fume “en pipe”. Mais d’autres pays considèrent le tabac comme du poison : en Perse on coupe le nez aux priseurs et les lèvres aux fumeurs; en Turquie on perce le nez avec un tuyau puis on promène le damné sur un âne; enfin au Japon on devient alors esclave...

L’époque moderne pointe son nez

     La "Renaissance" est cette période qui s'étend du règne de Louis XII (1498) à l'assassinat d'Henri IV (1610). Avec les fastes des cours princières d'Europe, le renouveau artistique et scientifique sera aussi celui des herbes aromatiques qui complètent les épices mais surtout des consommations de légumes (artichauts, aubergines, asperges, choux-fleurs, concombres, melon, ..); des légumes auparavant ignorés car "poussant dans la terre", trop "peuple" devant s'abaisser à ramasser sa nourriture. L'apport des relations avec l'Italie et Catherine de Médicis sera décisif. Si les fruits sont également appréciés, les pâtes mettront du temps pour devenir un produit habituel contrairement au sucre qui détrône le miel ancestral sur les tables. Le "couvert" est une façon de couvrir son écuelle au Moyen-Age, par crainte d'empoisonnement. La fourchette est l'amie du péché de gourmandise et ne sera généralisée qu'au XVIIIè siècle. Même l'élégant Louis XIV mangeait avec ses doigts...Cependant, malgré son immense fortune, il devait lui aussi au terme de sa vie, s'adonner aux bouillies et mets hâchés. On y perdait alors facilement ses dents avec le grand âge.  Pour la cuillère et le couteau, chacun en avait comme compagnon de voyage. D'ailleurs ce couteau individuel qui se déplie avec sa pointe fine survivra dans nos campagnes jusqu'aux années 1960.

L’agriculture moderne tient dans l’oeuvre retenue dans l’ouvrage de 1600 de l’agronome calviniste Olivier de Serres “Théâtre d’agriculture et mesnage des champs”. Mais ce sera le fin M. de Sully, Maximilien de Béthune, qui fera autorité et déclarera : “labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France”.

Période de prospérité achevée avec l’assassinat du bon roi Henri. Sous les deux cardinaux-ministres qui lui succèdent les impôts doublent et les famines – “des orties, ils font leurs soupes” – , la peste et les guerres font des ravages. En 1675, Madame de Sévigné rapporte que les “bonnets bleus”, coiffure des pêcheurs de Cornouaille et région de Carhaix (Poher), demandent la suppression de tous les droits seigneuriaux comme “attentatoire à la liberté de la province Armorique”. Ils décident d’envoyer six députés aux Etats provinciaux et rédigent un “CODE PAYSAN” : abolition des corvées, des dîmes, de la banalité du moulin et réduction des droits sur le vin reçu de l’étranger. L’argent des “fouages anciens” devra être employé à acheter du tabac, distribué avec le pain bénit aux messes paroissiales. Le droit de chasse sera réglementé (à interdire du 1er mars au 15 septembre); les colombiers seront rasés; pleine liberté sera rétablie pour tous de tirer sur les pigeons; recteurs et curés seront salariés par leurs paroissiens; la justice ne sera plus rendue par le seigneur mais par un juge salarié; les mariages seront permis entre noblesse et paysannerie; les successions seront partagées équitablement... En fait, il faudra attendre encore un peu. 1675, également année de la révolte des “bonnets rouges” et du “papier timbré”.

 

 

Plaque de la rue du Papier Timbré à Rennes (photo de XIIfromTOKYO).

Le siècle des Lumières

En 1700 le royaume de France totalise 21 millions d’habitants, soit un Européen sur quatre. On aura ensuite 75 années, dit un presque siècle des “Lumières”avec des révolutions des esprits, de l’agriculture et de la technologie. Le servage royal sera aboli en 1779.

     Et nos colonies aux "Antilles" : bien que Louis XIII ait interdit par décret leur esclavage - les français étaient venus pour les évangéliser - les Caraïbes (Callinagos) ont du s'exiler sur les îles de la Dominique et de Saint-Vincent suite au traité signé en 1660 avec les colons. Les Petites Antilles avaient précédemment été peuplées par des Amérindiens venus du delta de l'Orénoque (Vénézuéla) : les ARAWAKS, des agriculteurs, chasseurs et potiers . Selon le "Petit Robert", le terme "cannibale" proviendrait des Caraïbes antillais qui pratiquaient certains rites anthropophages avec une pratique rituelle et non coutumière : seuls étaient mangés les guerriers Arawaks valeureux dont ils espéraient acquérir la force. Les Callinagos pratiquaient la culture sur brûlis et l'irrigation. Ces grands chasseurs, guerriers redoutables, étaient aussi à la période de l'arrivée des européens en 1493 des "nomades de la mer" allant de la Guyane à l'est de l'île de Saint-Domingue. Avec leur "Code noir" de 1685 les colons français ont fait des esclaves des "biens meubles", les plaçant ainsi au même niveau que les animaux ou les outils de travail. Les maîtres étaient tout-puissants, jusqu'à punir de torture et de mort les "marrons" (fugitifs" repris). Aboli une première fois par la Convention en 1794, l'esclavage est rétabli par Napoléon en 1802 - à la demande de Joséphine de Beauharnais son épouse créole! Bien qu'interdit en 1815, il faudra attendre la deuxième République de 1848 et Victor Schoelcher pour abolir l'esclavage. Il y avait alors 73 500 esclaves en Martinique sur une population de 125 000 habitants, et 87 000 esclaves en Guadeloupe, pour 130 000 habitants (dont 30 000 "gens de couleur" libres). L'abolition entraîna une baisse de la production sucrière, par manque de main d'oeuvre. Pour y remédier, des travailleurs indiens et chinois, sous-payés,mais aussi des Syriens du Liban, furent amenés dans les îles à la fin du XIXème siècle (25 000 en Martinique et 40 000 en Guadeloupe). L'esclavage a enrichi la bourgeoisie au XVII et XVIIIè siècles permettant à une classe sociale émergente de s'imposer face aux aristocrates. On aura compté 3 317 expéditions partant par ordre de Nantes, Le Havre, La Rochelle, Bordeaux et Saint-Malo, ainsi que 12 autres ports de France. Au XIXème siècle, l'empire colonial recule avec la vente de la Louisiane en 1803 et l'indépendance de Saint-Domingue (Haïti) en 1804, avant de regagner du terrain sous la Restauration et le Second Empire avec la conquête de l'Algérie en 1830. Puis s'ajouteront l'Indochine, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, le Sénégal et les Côtes de Guinée et du Gabon...

     La langue créole s'est constituée à partir de la mise en contact de dialectes français (normand et poitevin) et de langues d'Afrique de l'Ouest. La musique, aux Antilles, a emprunté à la valse et à la mazurka européenne, mais aussi à des rythmes africains. Alors que Aimé Césaire aura cherché  à retrouver avec un outil de combat l'héritage africain des Antilles, la "Créolité", outil d'existence,  se définit comme "ni européens, ni africains, ni asiatiques, mais créoles".

     Retour en France, même si l’on passe d’un âge moyen de 20 ans des décès au début du XVIIème siècle à 29 ans à la fin du XVIIIème, la moitié des enfants n’atteignent pas l’âge adulte. Entre 1740 et 1789, sur 1000 enfants nés vivants, le nombre de survivants est de 525. On dit qu’il faut “deux enfants pour faire un adulte”. La mortalité infantile d’enfants de moins d’un an est estimée à 20%.

Toutefois, en raison des familles nombreuses, en 1790 la population sera de 27 millions, dont 22 sont des ruraux. Entre-temps la famine de 1770 donnera l’opportunité à l’Académie de Besançon de proposer des végétaux qui pourraient suppléer en cas de disette. Huit mémoires mentionnent la pomme de terre avec un premier prix pour Antoine-Augustin Parmentier. Ce pharmacien entré dans l’armée à 20 ans avait été capturé par les Prussiens où il avait eu pour ration ce légume. A l’occasion de la Saint-Louis, il fera préparer à la table du roi louis XVI vingt plats différents à base de pommes de terre. Il convaincra les citadins en faisant garder de jour mais pas de nuit la plaine des sablons à Neuilly où sont plantées des pommes de terre. 

Rien de tel pour stimuler l’envie de pommes de terre, et on y vole les plants de l’ancienne “papa” d’Amérique du Sud.

 

 

 

 

 

La tombe de Parmentier au cimetière du Père Lachaise.
Elle est régulièrement « fleurie » de pommes de terre.

 L’hiver qui précède les premières grandes dates de la Révolution est rigoureux. Il commence le 25 novembre 1788 pour s’achever le 20 janvier 1789. On tue du bétail faute de pouvoir l’abreuver. La liberté d’exporter le grain fait que les greniers sont vides dès 1788 et que les prix augmentent.

Partant du Dauphiné puis de Rennes la révolte gronde... pour finir en Révolution nationale.

Alain Gouaillier le 02/09/2019

Sources principales :

  • Les Paysans de France” d’Arthur CONTE, "Télérama" 2003